D’abord je me suis rendu compte qu’il me fallait de la référence, un peu comme quand on construit une maquette sérieusement.
Pas de bol, je n’ai pas de gamin de 8-10 ans à disposition pour le faire poser. Alors j’ai dû me rabattre sur une jaquette de DVD et imprimer des captures d’écran afin d’avoir directement sous la main une grande quantité de vues différentes du même gamin. Ça paraît évident, mais il n’était pas question pour moi de fabriquer un gosse générique, ce que je sculptai devait s’apparenter à du portrait.
D’abord j’ai commencé par créer une balle en Magic Sculp de la taille de la tête (4-5 mm de diamètre) en faisant bien attention à garder suffisamment de matière en dessous de façon à pouvoir la manipuler par la suite sans détruire de petits détails.
Quand le tout fut sec, je taillai au cutter le cou ainsi que les mâchoires avant de rajouter le plus précisément possible de tous petits bouts de Magic Sculp aux bons endroits –front, arcades sourcilières, joues et lèvres.
Le nez fut particulièrement compliqué à construire vu que je me suis rendu compte que je n’avais pas dans mon arsenal d’outils suffisamment fins pour produire des détails aussi fins que des narines tout en en détruisant pas la forme des joues ou des lèvres.
Je laissai sécher le tout pendant la nuit et rajoutai le lendemain oreilles et yeux/paupières.
Alors qu’ai-je retenu de cette expérience ? principalement qu’on ne vend rien dans le commerce de suffisamment fin pour pouvoir sculpter correctement un visage de gamin au 1/35. la prochaine fois que je me collerais à un tel exercice, je ferais attention de partir avec les bons outils au besoin en les créant moi même à l’aide de cure-dents solidifiés à la superglue et autres couteaux fins découpés dans une canette.
J’ai peint le gamin avec des huiles sur sous-couche de peinture acrylique. Comme d’habitude j’ai souffert d’avoir à peindre mes propres créations à partir du moment ou chaque défaut aussi discret soit-il devient un enfer à corriger quand on a un pinceau entre les mains.
On reconnaît souvent un grand maquettiste à la façon qu’il a de traiter la végétation dans ses dioramas –les mauvais ont la plupart du temps épuisé leur imagination et le degré d’attention qu’ils sont prêts à consacrer à un projet après avoir peint leurs petites maquettes. Alors ils bâclent le décor.
Moi je botte en touche. J’ai choisi tout simplement de ne pas montrer de végétation dans mes dioramas. Je modèle des bords de mers, des rues, des cours d’eau en montrant le moins de vert possible.
La principale raison de ce choix est que je crois en la représentation exacte de la nature. Je ne peux tout simplement pas comprendre les gens qui comptent les rivets de leurs panzers et qui se permettent de mettre des arbres génériques dans leurs dioramas.
La plupart des spectateurs de nos petites maquettes ne connaissent pas la différence entre un Ausf C et un Ausf D mais sont parfaitement capables de voir la différence entre un pommier et un chêne. Et il se trouve que moi, en faisant mes dioramas, je ne m’adresse pas qu’aux compteurs de rivets qu’on trouve dans les concours de maquettes.
Et c’est ainsi que j’ai entamé ma longue quête de la représentation correcte de la nature en modelant de simples herbes de celles que l’on trouve sur les plages de l’Atlantique.
Quand j’étais gosse je passais mes vacances d’été sur les plages de Vendée et ces endroits plats et écrasés par le soleil étaient souvent recouverts par ces herbes hautes qui grattent mais qui ont comme avantage d’être relativement facile à reproduire.
En tombant sur des photos de la vraie baie de Koktebel, je me suis rendu compte que des plantes similaires poussaient aussi sur les rivages de Crimée. Comme j’étais supposé ne mettre de la végétation que dans un coin du diorama, le manque de variété de ma flore n’était pas supposé être handicapant quand au réalisme du résultat final.
L’herbe haute faite de poils de balai collés en touffe est un grand standard du diorama, en fait il s’agit de la bonne méthode à utiliser mais il existe des variantes et des possibilités d’erreur qu’il fait bon prendre en compte (pic 17).
Voilà une liste des problèmes que je constate souvent dans les dioramas de mes collègues :
Problème 1: il n’y a souvent pas assez de distance entre chacune des feuilles qui composent la plante –ce qui donne effectivement l’impression au spectateur de voir un balai collé sur un diorama.
Problème 2: souvent toutes les feuilles ont la même taille.
Problème 3: la terminaison des “feuilles” est droite –parce que le balai a été coupé comme ça.
Problème 4: les faiseurs de dioramas collent leurs poils de balai de façon trop régulière.
Problème 6: le diorama finit toujours par ressembler à un panzer collé sur un balai !
La première étape de ma méthode est de se constituer une petite banque de référence –souvent sur internet- et d’imprimer des photos de façon à les avoir à portée de main quand on travaille.
Ensuite comme chez Harry Potter le choix du balai est essentiel. J’ai choisi un balai en soie (assez cher –5€) parce que la terminaison de chacun des poils est bien pointue. Les deux autres avantages de ce type de pinceau sont
-les couleurs des poils varient du blanc cassé au noir créant ainsi une base idéale pour la peinture.
- la longueur de chacun des poils est différente.
Pressez une petite quantité de poils entre deux doigts et coupez les par en dessous à l’aide d’une paire de ciseaux façon coiffeur (pic 18) ce qui permettra d’avoir effectivement dans les mains une longueur deux fois plus importante que celle qui apparaîtra finalement sur le diorama.
Coupez un rouleau de Magic Sculp et étalez les poils de balai dessus en utilisant toute la largeur du rouleau en vous débrouillant pour que les poils n’aient pas tous la même hauteur (en tirant sur les poils dans un sens ou dans un autre par exemple). Puis enroulez le rouleau de Magic Sculp+ poils en finissant l’esemble au couteau à modeler -ce qui finit par produire un tas avec des poils sortant de façon irrégulière –et non pas sortant d’un trou évidé à la perceuse.
Il se trouve que en fonction des saisons ce type de plante de bords de mer porte une sorte de plumeau qui pousse au dessus des feuilles.
Pour créer les dits plumeaux, je fabrique une longueur de plastique étiré au dessus d’une flamme, trempe l’une des extrémités du fil ainsi obtenu dans un de ces gels acryliques épais vendus dans les boutiques d’art –de même sorte que celles qui vont nous servir pour faire l’écume des vagues- puis je fixe l’ensemble au milieu du tas de feuilles/poils.
Quand l’ensemble est sec, je coupe l’excès de poils sous le tas de mastic.
Un fois que j’obtins une bonne dizaine de ces plantes, je creusai un grand trou dans la base du diorama de façon à pouvoir encastrer ces gros bouts de mastic en essayant de les joindre entre eux en utilisant le mélange sablonneux dont je vais bientôt aborder la composition. (pic 19).
Bien sûr j’ai composé un rivage qui est sensé être battu par les éléments. J’ai donc disposé les plantes en question dans les endroits abrités du diorama. J’ai appliqué le même sens logique pour la disposition des plantes –celles qui ont la taille la plus importante se situent dans les endroits les plus abrités. (pic 20)
Il y avait des pages passionnantes sur tous ces villages situés près des estuaires que la mer avait englouti. Mon imaginaire a longtemps été hanté par des images de clochers d’églises sortant des dunes, de tous ces gens qui avaient construit des digues en vain et de leurs maisons désertées unes par unes. C’est tout naturellement que j’ai voulu faire du sable de ce diorama cette matière qui s’étend et recouvre tout de façon inexorable –plus particulièrement ici les fenêtres du bateau.
Afin de rajouter du détail j’aurais ajouté une zone de sable plus plate près de la grève, recouverte d’éventuels coquillages, portant les empreintes de pas du garçon. Puis je me suis dit que rajouter un rocher ou une zone de sable compactée ne serait pas mal pour assurer la balance du diorama.
Alors j’utilisai différentes épaisseurs de carton plume coupées aux bonnes dimensions (pic 21).
J’excavais des zones particulières pour l’emplacement du bateau.
Puis commença la création du sol proprement dit. J’appliquai un mélange de peinture rose et de plâtre sur le rocher et l’appliquai de façon très grossière avec mes doigts. L’intérêt de teinter le plâtre dans la masse est que je ne pouvais me permettre d’avoir des zones qui auraient pu rester blanches au cas ou mon pinceau ne les aurait pas atteintes.
Quand le plâtre commença a sécher je passai des doigts au couteau et continuai à sculpter sa forme. Un conseil à ces stade –oubliez ce que vous faites. C’est lorsque le mouvement échappe à la raison et devient automatique, que l’on commence à modeler des formes intéressantes. Ne pensez pas trop ou vous aurez tout faux, votre diorama manquera de naturel or la nature elle ne calcule pas.
Je fis un mélange de gel acrylique tels que ceux qui sont trouvables en magasin d’art et de peinture rose, en appliquai une bonne dose près du rivage puis y saupoudrait des concassures de plâtre teintes en noir. La seconde partie du mélange fut destinée à faire un liant entre la végétation et le reste du sol. (pic 22) .
Pas de bol, je n’ai pas de gamin de 8-10 ans à disposition pour le faire poser. Alors j’ai dû me rabattre sur une jaquette de DVD et imprimer des captures d’écran afin d’avoir directement sous la main une grande quantité de vues différentes du même gamin. Ça paraît évident, mais il n’était pas question pour moi de fabriquer un gosse générique, ce que je sculptai devait s’apparenter à du portrait.
D’abord j’ai commencé par créer une balle en Magic Sculp de la taille de la tête (4-5 mm de diamètre) en faisant bien attention à garder suffisamment de matière en dessous de façon à pouvoir la manipuler par la suite sans détruire de petits détails.
Quand le tout fut sec, je taillai au cutter le cou ainsi que les mâchoires avant de rajouter le plus précisément possible de tous petits bouts de Magic Sculp aux bons endroits –front, arcades sourcilières, joues et lèvres.
Le nez fut particulièrement compliqué à construire vu que je me suis rendu compte que je n’avais pas dans mon arsenal d’outils suffisamment fins pour produire des détails aussi fins que des narines tout en en détruisant pas la forme des joues ou des lèvres.
Je laissai sécher le tout pendant la nuit et rajoutai le lendemain oreilles et yeux/paupières.
Alors qu’ai-je retenu de cette expérience ? principalement qu’on ne vend rien dans le commerce de suffisamment fin pour pouvoir sculpter correctement un visage de gamin au 1/35. la prochaine fois que je me collerais à un tel exercice, je ferais attention de partir avec les bons outils au besoin en les créant moi même à l’aide de cure-dents solidifiés à la superglue et autres couteaux fins découpés dans une canette.
J’ai peint le gamin avec des huiles sur sous-couche de peinture acrylique. Comme d’habitude j’ai souffert d’avoir à peindre mes propres créations à partir du moment ou chaque défaut aussi discret soit-il devient un enfer à corriger quand on a un pinceau entre les mains.
7/ La végétation
On reconnaît souvent un grand maquettiste à la façon qu’il a de traiter la végétation dans ses dioramas –les mauvais ont la plupart du temps épuisé leur imagination et le degré d’attention qu’ils sont prêts à consacrer à un projet après avoir peint leurs petites maquettes. Alors ils bâclent le décor.
Moi je botte en touche. J’ai choisi tout simplement de ne pas montrer de végétation dans mes dioramas. Je modèle des bords de mers, des rues, des cours d’eau en montrant le moins de vert possible.
La principale raison de ce choix est que je crois en la représentation exacte de la nature. Je ne peux tout simplement pas comprendre les gens qui comptent les rivets de leurs panzers et qui se permettent de mettre des arbres génériques dans leurs dioramas.
La plupart des spectateurs de nos petites maquettes ne connaissent pas la différence entre un Ausf C et un Ausf D mais sont parfaitement capables de voir la différence entre un pommier et un chêne. Et il se trouve que moi, en faisant mes dioramas, je ne m’adresse pas qu’aux compteurs de rivets qu’on trouve dans les concours de maquettes.
Et c’est ainsi que j’ai entamé ma longue quête de la représentation correcte de la nature en modelant de simples herbes de celles que l’on trouve sur les plages de l’Atlantique.
Quand j’étais gosse je passais mes vacances d’été sur les plages de Vendée et ces endroits plats et écrasés par le soleil étaient souvent recouverts par ces herbes hautes qui grattent mais qui ont comme avantage d’être relativement facile à reproduire.
En tombant sur des photos de la vraie baie de Koktebel, je me suis rendu compte que des plantes similaires poussaient aussi sur les rivages de Crimée. Comme j’étais supposé ne mettre de la végétation que dans un coin du diorama, le manque de variété de ma flore n’était pas supposé être handicapant quand au réalisme du résultat final.
L’herbe haute faite de poils de balai collés en touffe est un grand standard du diorama, en fait il s’agit de la bonne méthode à utiliser mais il existe des variantes et des possibilités d’erreur qu’il fait bon prendre en compte (pic 17).
Voilà une liste des problèmes que je constate souvent dans les dioramas de mes collègues :
Problème 1: il n’y a souvent pas assez de distance entre chacune des feuilles qui composent la plante –ce qui donne effectivement l’impression au spectateur de voir un balai collé sur un diorama.
Problème 2: souvent toutes les feuilles ont la même taille.
Problème 3: la terminaison des “feuilles” est droite –parce que le balai a été coupé comme ça.
Problème 4: les faiseurs de dioramas collent leurs poils de balai de façon trop régulière.
Problème 6: le diorama finit toujours par ressembler à un panzer collé sur un balai !
La première étape de ma méthode est de se constituer une petite banque de référence –souvent sur internet- et d’imprimer des photos de façon à les avoir à portée de main quand on travaille.
Ensuite comme chez Harry Potter le choix du balai est essentiel. J’ai choisi un balai en soie (assez cher –5€) parce que la terminaison de chacun des poils est bien pointue. Les deux autres avantages de ce type de pinceau sont
-les couleurs des poils varient du blanc cassé au noir créant ainsi une base idéale pour la peinture.
- la longueur de chacun des poils est différente.
Pressez une petite quantité de poils entre deux doigts et coupez les par en dessous à l’aide d’une paire de ciseaux façon coiffeur (pic 18) ce qui permettra d’avoir effectivement dans les mains une longueur deux fois plus importante que celle qui apparaîtra finalement sur le diorama.
Coupez un rouleau de Magic Sculp et étalez les poils de balai dessus en utilisant toute la largeur du rouleau en vous débrouillant pour que les poils n’aient pas tous la même hauteur (en tirant sur les poils dans un sens ou dans un autre par exemple). Puis enroulez le rouleau de Magic Sculp+ poils en finissant l’esemble au couteau à modeler -ce qui finit par produire un tas avec des poils sortant de façon irrégulière –et non pas sortant d’un trou évidé à la perceuse.
Il se trouve que en fonction des saisons ce type de plante de bords de mer porte une sorte de plumeau qui pousse au dessus des feuilles.
Pour créer les dits plumeaux, je fabrique une longueur de plastique étiré au dessus d’une flamme, trempe l’une des extrémités du fil ainsi obtenu dans un de ces gels acryliques épais vendus dans les boutiques d’art –de même sorte que celles qui vont nous servir pour faire l’écume des vagues- puis je fixe l’ensemble au milieu du tas de feuilles/poils.
Quand l’ensemble est sec, je coupe l’excès de poils sous le tas de mastic.
Un fois que j’obtins une bonne dizaine de ces plantes, je creusai un grand trou dans la base du diorama de façon à pouvoir encastrer ces gros bouts de mastic en essayant de les joindre entre eux en utilisant le mélange sablonneux dont je vais bientôt aborder la composition. (pic 19).
Bien sûr j’ai composé un rivage qui est sensé être battu par les éléments. J’ai donc disposé les plantes en question dans les endroits abrités du diorama. J’ai appliqué le même sens logique pour la disposition des plantes –celles qui ont la taille la plus importante se situent dans les endroits les plus abrités. (pic 20)
8/ Le sable
Dans la bibliothèque de mon père j’avais trouvé étant gamin ce vieux bouquin sur la France engloutie publié par les éditions Planète.Il y avait des pages passionnantes sur tous ces villages situés près des estuaires que la mer avait englouti. Mon imaginaire a longtemps été hanté par des images de clochers d’églises sortant des dunes, de tous ces gens qui avaient construit des digues en vain et de leurs maisons désertées unes par unes. C’est tout naturellement que j’ai voulu faire du sable de ce diorama cette matière qui s’étend et recouvre tout de façon inexorable –plus particulièrement ici les fenêtres du bateau.
Afin de rajouter du détail j’aurais ajouté une zone de sable plus plate près de la grève, recouverte d’éventuels coquillages, portant les empreintes de pas du garçon. Puis je me suis dit que rajouter un rocher ou une zone de sable compactée ne serait pas mal pour assurer la balance du diorama.
Alors j’utilisai différentes épaisseurs de carton plume coupées aux bonnes dimensions (pic 21).
J’excavais des zones particulières pour l’emplacement du bateau.
Puis commença la création du sol proprement dit. J’appliquai un mélange de peinture rose et de plâtre sur le rocher et l’appliquai de façon très grossière avec mes doigts. L’intérêt de teinter le plâtre dans la masse est que je ne pouvais me permettre d’avoir des zones qui auraient pu rester blanches au cas ou mon pinceau ne les aurait pas atteintes.
Quand le plâtre commença a sécher je passai des doigts au couteau et continuai à sculpter sa forme. Un conseil à ces stade –oubliez ce que vous faites. C’est lorsque le mouvement échappe à la raison et devient automatique, que l’on commence à modeler des formes intéressantes. Ne pensez pas trop ou vous aurez tout faux, votre diorama manquera de naturel or la nature elle ne calcule pas.
Je fis un mélange de gel acrylique tels que ceux qui sont trouvables en magasin d’art et de peinture rose, en appliquai une bonne dose près du rivage puis y saupoudrait des concassures de plâtre teintes en noir. La seconde partie du mélange fut destinée à faire un liant entre la végétation et le reste du sol. (pic 22) .








