1/35 dioramas from Jean-Bernard André
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J’ai versé 3 couches de résine différentes et pas plus. (pic 31)
La première a été teinte avec de la peinture à huile blanc transparent agrémenté d’une petite touche de rouge transparent et de rouge bleu phtaloh (une peinture très chère!). Comme celle-ci a été versée en premier elle a servi à réaliser la crête des vagues.
Comme chacun ayant utilisé ces résines le sait, celles-ci restent fluide pendant un petit bout de temps puis se mettent à durcir très vite. Le truc est d’attendre ces quelques minutes ou le mélange prend et de le tirer vers le haut du moule avec un bout de bois (lisez « vers le creux des vagues » !). C’est une étape cruciale de ma méthode parce qu’ on aura pas ainsi l’impression d’avoir différentes strates de couleur dans l’eau. Au contraire, de l’écume et des remous subsisteront sous la surface de l’eau.
Pas besoin d’attendre le séchage complet avant de verser les 2 autres couches –la première teinte en bleu transparent pas trop opaque, la deuxième totalement opaque de façon à ce qu’on ne puisse pas voir le grain du bois sous l’eau par la suite !

J’ai laissé sécher l’ensemble 48 heures avant de le démouler. Même sans l’adjonction de l’écume le résultat m’a paru correct. (pic 32)
Pour créer l’écume j’ai utilisé mes fidèles “transparent heavy gel” de chez Pebeo à 10 € le tube que j’utilise depuis 10 ans.
Quand on dévisse le capuchon on se rend compte que le produit est d’une teinte blanc transparent ce qui ne rend pas le dosage de la peinture très aisé.
D’abord il faut se rappeler que ce type de gel réduit beaucoup au séchage ce qui signifie qu’il faut utiliser une proportion infime de peinture dans le mélange. Je dirais que la part de peinture à ajouter n’est pas supérieure à 5%. En second lieu il faut bien se rappeler qu’il ne faut pas utiliser une épaisseur de gel trop importante parce que la matière peut sécher en surface mais pas en dessous !

J’utilise un truc visuel pour me rendre compte de la bonne proportion à respecter –quoique je ne soie pas sûr de sa validité à des yeux extérieurs aux miens.
Vous noterez que si la proportion de peinture devient trop importante lorsque vous effectuez le mélange, la texture élastique du gel se transforme jusqu’à ressembler à une sorte de peinture blanche jellifiée.
Quand ça arrive vous devez rajouter du gel. Je dirais que au final le mélange à appliquer doit apparaître plus « opaque » que « blanc ».

Bien sur il faudra appliquer plusieurs couches de cette écume avant d’arriver à un résultat correct . ça veut dire qu’il faut mélanger un peu de bleu à son blanc pour figurer l’écume.
En effet seuls les zone spéculaires du type sommet des vagues devront apparaître blanches ! Souvenez vous en tout état de cause que faire un diorama n’est pas seulement une question d’ombre et de lumière mais bien d’ombres et de lumières en nombre infini, allant du noir le plus profond au blanc le plus blanc –et c’est aussi valable pour les étendues d’eau mouvementées.

Avec les années j’ai eu l’occasion de développer un certain nombre de techniques pour appliquer l’écume (pic 33).
Ma méthode préférée est de tremper un doigt dans le mélange et de toucher l’eau/résine. Quand on retire le doigt on dirait qu’une sorte d’araignée à tissé une toile blanche à la surface de l’eau.
Contentez vous de saisir un pinceau et de fondre ce résultat hautement aléatoire dans le décor jusqu’à temps que l’ensemble apparaisse convaincant.

En fait j’ai regardé beaucoup de photos de rivage en utilisant le moteur de recherche d’images de Google et ensuite suis passé à mon plan de travail afin de tout recréer de mémoire. Ça marche sûrement mieux que si l’on travaille avec des photos à coté de soi parce qu’on perd du temps à consulter sa référence –et du temps c’est précisément ce qui manque le plus quand on travaille avec cette méthode.
Je ne suis généralement jamais content de la première couche d’écume, alors je repasse une nouvelle couche de résine faiblement teintée par dessus la première de façon à ce que celle-ci reste partiellement visible et je recommence l’opération jusqu’à temps que je sois totalement  satisfait du résultat.
Quand l’ensemble est sec je passe une couche de Humbrol Clear Quote pour sceller l’ensemble et enfin une dernière couche de gel acrylique teinté de blanc pur cette fois que j’applique uniquement sur la crête des vagues.

Pourquoi donc j’applique cette dernière couche de gel après avoir passé le Clear Quote ? eh mais c’est parce que l’écume n’est pas brillante, elle est tout au plus satinée, et il se trouve que  la texture du gel acrylique est idéale pour créer ces sommets de vagues.

Racontée comme ça cette méthode semble complexe alors qu’elle ne l’est pas.
On refait juste les mêmes choses couches après couches jusqu’à temps qu’on soit satisfait du résultat.
Je me suis rendu compte que plus les couches étaient nombreuses meilleur était le résultat.
Et puis ça ne prend pas tant de temps que ça vu qu’il faut travailler très vite à cause des temps de séchage plutôt rapides.

10/ Coller la mer sur le sable

Voilà encore un autre cauchemar parce que je n’avais pas prévu que je puisse avoir besoin d’un peu de place supplémentaire de façon à rendre la plage réaliste.
Alors j’ai du rajouter un peu de résine de chaque coté de la surface d’eau de façon à la raccorder avec la base (pic 34). 
Afin que le joint soit parfait je découpai la base à l'endroit ou la plage se termine et la fixai temporairement sur un bout de carton. Puis je versai mon mélange de sable près des vagues. Lorsque cette opération fut faite, je versai un peu de résine teinte en bleu près du rivage et redessinai des vaguelettes. Lorsque le joint fut parfait et totalement sec, j'enlevai le carton et j'aurais pu faire de Koktebel une affaire classée.

11/Balancer le bouquin de Bill Horan par la fenêtre et créer des bases –ou comment être un maquettiste radin finit par coûter du temps et de l'argent, 2° partie.

S'il y a pas mal de choses qui me font rigoler dans le petit monde de la maquette, la façon dont les peintres de figurines traitent leurs bases a toujours fait partie de mon top 5 de la franche rigolade.

Certains semblent tout simplement ne pas réaliser qu'en faisant des choix étranges, ils distraient l'attention de leur travail de sculpture ou de peinture.

Certains vous bousiller les couleurs de l'ensemble en montrant un soldat en kaki sur un socle en bois très coloré, d'autres semblent tout simplement avoir du mal à réaliser qu'ils peignent des miniatures ; alors ils montrent un soldat minuscule sur une base immense etc.
Il est parfois triste de constater que derrière le soldat finement peint, le manque de goût du peintre frôle l'hallucinant.

C'est sans doutes à cause de ça que j'ai balancé le bouquin de Bill Horan par la fenêtre le jour ou j'ai lu le passage sur le bois de rose hors de prix que celui-ci utilise pour faire ses bases.
Mais cet à priori a failli causer ma perte.
Ça c'est passé de la façon suivante :

Au mois d'avril dernier, un ami m'a envoyé des photos qu'il avait prises lui même à SCAHMS 2007, grande exposition sur la côte ouest des Etats Unis.
Parmi les photos il y en avait certaines de la pièce qui a gagné le «best of show», un pilote se tenant dans un cockpit de Mustang. Le genre de truc qui m'en touche une sans remuer l'autre.

« Mais », m'a dit cet ami « tu aurais du voir sa super base monobloc de bois noir ».

 J'ai rigolé.

Mais il insista pas mal de fois avant de lâcher « de toutes façons, la base, c'est la figurine » et là une cloche finit par retentir dans un coin de ma tête.
Je tournai ma chaise à 180° vers les étagères à bouquins dans lesquelles je stocke mes dioramas et ai jeté un coup d'œil aux bases…

Depuis des années j'utilise les mêmes baguettes de cadre achetées 3€ chez Leroy Merlin que je teins en doré avant de les coller et je me suis soudain senti très con.

Mon obsession quand à la faiblesse des sommes engagées pour faire des dioramas finirait elle par causer ma perte ?

Alors j'ai décidé de frapper fort avec Koktebel. Le diorama était sensé être fini et j'en avais même posté des photos sur divers forums espagnols et anglo-saxons lorsque je vis rouge.
Je descendis dans l'appentis de jardin ou j'avais stocké le diorama, démontai l'horrible bordure de balsa peint en noir que j'avais monté en 5 minutes, fixai du papier de verre à une planche de bois et procéda de faire maigrir le diorama de quelques millimètres de chaque coté de façon à avoir des bords bien droits.
Je me suis rendu compte alors que le diorama était trop haut sur sa base –je voulais créer un produit final assez plat de façon à mettre en valeur les lignes du bateau ainsi que la taille réduite de l'enfant. Il se trouve que j'avais fait une base environ 1,5 cm trop haute. Alors j'entrepris de réduire cette épaisseur en l'attaquant au couteau ce qui fut facile dans l'ensemble vu que la mousse utilisée pour créer la base était de faible densité mais j'ai quand même du faire très attention aux fines limites entre l'eau et le sable.
La semaine suivante j'entrepris de découper de nouveaux bords en carte plastique.
J'utilisai du mastic Tamiya pour parfaire les jointures et appliquai une dernière couche de résine au pinceau de façon à ce qu'aucune transition ne soit visible entre l'eau et les bords. Dans le même esprit, une couche supplémentaire de mon mélange de sable fut appliqué à certains endroits de façon à parfaire les joints sur les cotés du diorama.
Enfin j'allai chez un charpentier pour commander une base en chêne, je collai le diorama dessus et s'en fut fait de 4 mois de boulot.

10/ Conclusion

Souvent quand je lis des bouquins sur le maquettisme ou sur des dioramas, l’auteur fait sonner ça comme si c’était facile et que l’hésitation n’était jamais de rigueur.
Je n’en crois pas un mot : si on veut créer des choses valables il faut savoir être dur envers soi-même, croire en ses possibilités au point d’être capable de recommencer 10 fois la même chose jusqu’à ce que le résultat soit correct.

Je ne rigole pas avec mes dioramas, c’est pour moi beaucoup plus qu’un simple hobby, c’est beaucoup plus que “having fun” comme je le lis dans mes forums anglo-saxons préférés.
C’est en choisissant des thèmes qui au delà des apparences me touchent profondément, en capturant l’essence de mes jours dans mon travail que je deviens certain de ne jamais perdre le fil, que j’assure le fait que ce que j’ai rêvé au jour X deviendra réalité tangible au jour J.

Il se trouve que j’aime vraiment Koktebel. D’abord, à part pour quelques boulons Royal models, tout a été créé par moi même sans l’aide d’aucun produit manufacturé.
Ce diorama est également conforme à la règle n°7 de mes 10 propositions pour de meilleurs dioramas –à savoir qu’un diorama est un objet 3D, qu’on doit pouvoir avoir une vue intéressante quel que soit l’angle depuis lequel on se place.
Du coté négatif, je dois dire que je suis outré par la quantité de sous que j’ai du dépenser pour le réaliser –plus de 100€ dont le tiers pour la planche en chêne, ce qui est plus que ce que j’avais dépensé pour mes dioramas l’année précédente.

Si je ne supporte pas dans mes dioramas les éléments construits ou créés par d’autres, j’ai tout le temps besoins d’aide dès qu’il s’agit d’Histoire, de technologie et surtout de référence de qualité vu que je ne connais et possède pratiquement rien en la matière.
Encore une fois l’Internet m’a sauvé et je voudrais profiter de l’occasion pour remercier PetrOs dont les plans et les traductions du russe ont été providentiels. Je remercie également mes amis des forums Steelnavy, Model Shipwrights, Historicus Forma et Solodioramas pour leurs encouragements. Des mercis très particuliers sont à apporter à Charles Reading et Peter « génie mécanique » Vill.

Bien sûr Koktebel n’est pas parfait, mon manque de nerfs transparaît à certains moments. Par exemple le gamin n’a pas été correctement poncé avent d’être peint et il m’a fallu des semaines avant de pouvoir imaginer une base correcte.
Mais je suis au regret de dire que je m’en fiche complètement.
J’ai toujours eu dans l’idée que mes dioramas étaient des objets non finis –et en effet il m’arrive d’en corriger certains, de les mettre à jour entre deux projets.
J’imagine que Koktebel n’échappera pas à la règle, et qu’au bout de 2 ou 3 révisions il deviendra presque parfait à mes yeux.

Pas la peine de regarder deux fois, il n’y pas la trace d’une arme offensive sur ce diorama. Alors peut-être que mon fils lorsqu’il triera mes affaires dans une petite cinquantaine d’années si Dieu me prête vie tombera sur Koktebel, le trouvera moins glauque que les autres et ne le balancera pas à la poubelle.

I just want to add a little bit of nightmare in your worlds, a little bit of fresh air that could also sound a bit bitter –anythinbg actiually, I just want you to feel something. If your mind starts and begins like this “duh, what’s that boat? What era? Sure about the way of the gun pops out of the water” then I ultimately failed.
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